Pourquoi le contenu vidéo web se développe mieux aux US ou en Grande-Bretagne ?

Selon Content Economics, un peu plus de 34 millions d’euros auraient été dépensés à produire des webséries en Europe et aux Etats-Unis en 2009, un chiffre qui pourrait monter à 102 millions en 2013. On n’a pas le sentiment d’en avoir vu passer pour des millions d’euros par ici des programmes web ! Les diffuseurs, annonceurs, agences, régies, en France ont tendance à voir le web comme une sous-TNT, la TNT étant elle-même une sous télévision-hertzienne. Et malheureusement, beaucoup de producteurs aussi. Et quand on voit les revenus liés à la publicité en ligne on ne peut pas leur en vouloir.

Pourtant aux Etats-Unis, ou en Angleterre, on a vu des programmes web très ambitieux. En Angleterre, The Gap Year produit par Endemol UK et diffusé sur Bebo.com réunissait, lors de sa première saison, plus d’une quinzaine d’annonceurs qui envoyaient 6 jeunes gens aux quatre coins du monde pendant 6 mois ! Aux Etats-Unis, une websérie comme Sanctuary a coûté la bagatelle de 4,3 millions de dollars à produire.

Comment expliquer un tel écart de prix ?

On peut trouve plusieurs raisons au manque d’ambition latent en dehors des Etats-Unis et de l’Angleterre :

1- La langue

Produire un contenu en anglais offre bien plus d’opportunités de monétisation que de produire en français, puisque c’est un contenu « vendable » à des distributeurs anglophones, et potentiellement les non-anglophones qui sont habitués à doubler (c’est le cas des pays européens). A l’inverse, un contenu francophone comme les Têtes à claque, sortira difficilement de Québec-France-Belgique-Suisse Francophone (ils ont d’ailleurs lancé des épisodes en anglais depuis peu).

D’ailleurs, les héros de The Gap Year venaient de 6 pays anglophones (Canada, USA, Angleterre, Australie, Nouvelle Zélande, Irlande), pour pouvoir ratisser une audience large.

2- Maturité de l’usage

Les grands Networks américains proposent du contenu TV sur leur site web depuis plusieurs années. Par exemple, ABC propose des épisodes entiers de séries depuis 2006, et là on ne parle pas de Julie Lescaut, avec tout le respect que j’ai pour notre commissaire nationale. Les américains consomment Lost, Alias, Desperate Housewives, etc. sur le web depuis 2006. Quant à la BBC, elle est plus en avance que tous les autres sur les sujets Multimedia.

En France, M6 s’est lancé dans la télé de rattrapage sur le web en 2008, et TF1 en 2009.

Les Français n’ont pas encore acquis le réflexe de penser web lorsqu’ils souhaitent regarder du contenu de qualité. Ils pensent web lorsqu’ils veulent rire et se rendent sur Youtube pour voir des chiens sur des skates.

3- Maturité du secteur entier

Outre-Atlantique et outre manche, les internautes consomment du contenu sur le web depuis quelques années. C’est un cercle vertueux qui est en marche, l’usage existe, donc les diffuseurs web vont investir dans du contenu pour leur audience… D’autant plus qu’en investissant dans un beau programme qui marche bien, celui-ci pourra être acheté par une chaîne de télévision, puis sera distribué en VOD, DVD, etc. En France, à part les Têtes à claque et Kaira Shopping (Merci Canal+), c’est le désert.

Il est temps que toute la chaîne annonceur-agence-producteur-éditeur-diffuseur française ose prendre un peu plus de risques pour créer, sur le web, des programmes qui tiennent la comparaison avec les programmes TV.

Sarah Berthault

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